CHRONIQUE DCD

Chronique d’un chanteur désarmé

Chaque mois, Tony Melvil nous raconte son rapport au monde.
Des histoires du quotidien, des situations face auxquelles il se sent désarmé…

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Chronique d’un chanteur désarmé # 43 – Mars 2016 : Baguetting

Dans une boulangerie
Une cliente : Est-ce qu’il vous reste des traditions ?
La boulangère : Des baguettes traditions ?
La cliente : Oui
Tony Melvil : Non, parce que des traditions, on en a toujours !
La cliente : …
La boulangère : …
Tony Melvil : C’était une blague… à propos du fait que se retrouver dans une boulangerie est déjà une forme de tradition… ici en France… le pays du pain…
La cliente : …
La boulangère : …
Tony Melvil : C’était juste une blague, comme si par exemple vous aviez dit « je voudrais un pain de mie » et que la boulangère vous avait répondu « vous le préférez pas en entier ? »
La cliente : …
La boulangère : …
Tony Melvil : Laissez tomber.
La boulangère : Le pain ? Par terre ?
Tony Melvil : Je crois que la France va mal…
La cliente : Vendez-moi cette baguette, madame. Et vous, monsieur, laissez-moi tranquille.
Tony Melvil : Ne vous énervez pas, madame, si vous aviez ri à ma blague on n’en serait pas là.
La cliente : S’il restait des traditions vous n’auriez pas fait de blague !
La boulangère : Je vous la tranche ?
La cliente : La baguette ?
Tony Melvil : La tradition ?
La cliente : Je croyais qu’il n’y avait plus de tradition !
La boulangère : Il me reste bien quelques miettes…

Chronique d’un chanteur désarmé # 42 – Février 2016 : Donald Trump

Donald Trump : Pan pan
Tony Melvil : Pan panpan
Donald Trump : Peng peng trrrrrrrrr
Barack Obama : No, no, please
Donald Trump : Panpan pan trrrrrr trrrrrrrr
Tony Melvil : Panpan panpan fléchette fléchette
DT : Kalach kalach napalm napalm bombe h bombe h bombe h
TM : Mais il est trop con ce mec il me tire dessus à balles réelles
DT : Alors pédé de français, tu es à court de munition ?
TM : Je pensais que j’étais invité à un débat sur le port d’arme…
DT : Si tu veux, cette semaine, je peux te faire trois avions de chasse pour le prix de deux !
TM : C’est pas un peu dangereux ça, des avions de chasse ?
DT : Mais non, c’est fait pour sauver des vies !
TM : Je préférerais une kalachnikov
DT : Tu me fais pitié l’européen, je t’offre ce bazooka pour que tu puisses te protéger en tournée
TM : Merci ! J’ai juste une question : d’après votre constitution, un Président des Etats-Unis peut-il avoir un prénom de canard ?

Chronique d’un chanteur désarmé #8 – Décembre 2012 : Expressions avec le mot loup
En cherchant des idées pour une nouvelle chanson qui parle d’un loup, j’ai tapé « Expressions avec le mot loup » sur internet.
Je suis tombé sur le site www.forum-chien.com sur lequel doudoune a publié le lundi 11 juin 2007 à 1h41 du matin :
Avoir une faim de loup : Avoir très faim.
Un froid de loup : Un froid très rigoureux.
Être connu comme le loup blanc : Être très connu.
Quand on parle du loup : Personne qui survient au moment où l’on parle d’elle.
Entre chien et loup : Se dit quand on ne distingue plus un chien d’un loup (à la noirceur)
Hurler avec les loups : Se joindre aux autres pour critiquer ou attaquer
Se jeter dans la gueule du loup : S’exposer de sa propre initiative à un grand danger
Moi qui n’aime ni les forums ni les chiens, je me pose sérieusement la question d’abandonner l’écriture de cette chanson. Que feriez-vous à ma place ?
Chronique d’un chanteur désarmé #26 – Août 2014 : Bonne tournée  !
Devant chez moi, le facteur  :
- Bonjour, voici votre courrier. Sinon, ça va  ?
- Oui, et vous  ?
- Ben, c’est dur en ce moment, les tournées sont de plus en plus longues.
- Moi c’est l’inverse.
- Ah, vous êtes dans quoi  ?
- La musique.
- J’adore les artistes, Desproges, Mozart, Brassens, ACDC, parce qu’ils créent avec le cœur.
- Vous savez, malheureusement, pas toujours.
- Ah bon. Ben, bonne tournée alors  !
- Pareil.

Chronique d’un chanteur désarmé #23 – Mai 2014  : Vous connaissez la mort  ?
L’autre fois, je me balade au marché. Un type m’accoste  :
- Vous connaissez la mort  ?
- Oui, euh, en fait non. Je me sens pas trop concerné.
- Tout le monde est concerné monsieur. Connaissez-vous les directives anticipées  ?
- Euh, l’euthanasie  ? J’avoue que j’y pense pas tous les jours.
- Voulez-vous acheter mon livre «  ne nous laissons pas imposer la souffrance et la déchéance  »  ?
- Pas tout de suite.
- Alors au revoir, et belle mort.
- Belle mort à vous également.
Chronique d’un chanteur désarmé #20 – Février 2014 : LA BONNE PAIE
L’autre fois, je suis allé chercher mon chèque de paie de fin de mois. Comme il y avait eu beaucoup de concerts ce mois là, la paie était bonne. Le chèque en poche, marchant dans la rue, je me suis senti tout à coup léger, joyeux, heureux. Je me suis aussitôt senti ridicule. Conscient que l’argent est sans nul doute à l’origine de la majorité des maux qui accablent notre société, je m’empare du chèque et le déchire en deux, puis en quatre, puis en huit, puis en seize, puis en trente deux. Immédiatement, j’appelle mon employeur et lui demande si je peux passer récupérer un nouveau chèque parce que j’ai détruit le mien avant de changer d’avis. Il me dit « passe quand tu veux », comme s’il avait anticipé cette situation. Je m’assois sur un banc pour souffler un peu. Je me sens un peu con. Je me sens soulagé aussi. Je me demande si je vaux quelque chose en tant qu’être humain. Peut-être que je vaux au moins le fric que j’ai failli perdre. Je repense à cette phrase de Woody Allen : « L’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières ».

Chronique d’un chanteur désarmé #28 – Octobre 2014 : Mon pharmacien
Je déteste mon pharmacien  :
«  Bonjour, vous vendez de l’homéopathie  ?  »
«  Vous savez, l’homéopathie, c’est complètement inefficace, mais je veux bien vous en vendre quand même…  »
A la radio, un industriel en armement répond à un journaliste  :
«  Bonjour, si vous vendez des armes, c’est que vous êtes plutôt pour la guerre  ?  »
«  Non, ça n’a rien à voir, je ne suis qu’un industriel qui propose ses services aux états…  »
A la fin d’un concert, une dame vient me voir  :
«  Bonsoir, vous vendez des disques  ?  »
«  Oui, non, enfin ça dépend, c’est pour l’écouter  ?  »
Chronique d’un chanteur désarmé #30 – Janvier 2015 : Gilet pare-balles
A la radio, j’ai entendu que depuis les attentats des 7 et 9 janvier, les bons de commande des fabricants de gilets pare-balles avaient explosé. Du coup, je me suis dit  : «  Vite, moi aussi  !  » Je me suis immédiatement connecté sur www.gilet-pare-balles.com pour trouver le numéro de téléphone d’un revendeur près de chez moi :
- Bonjour, je cherche un gilet, que pouvez-vous me proposer  ?
- Nous avons le modèle Discret Premium en promo à 515 €, très compact et comme son nom l’indique, discret.
- Vous n’auriez pas plutôt un modèle fantaisie  ?
- Euh… on a un modèle anti-émeute à 610 €… Mais permettez moi de vous dire, monsieur, que nos gilets sont avant tout destinés à la protection, l’esthétique est secondaire. Par contre, si vous souscrivez à la Protection Or, vous bénéficiez de la réparation ou du remplacement de votre gilet par un neuf en cas d’impact balistique sur celui-ci.
- Oui, j’entends bien, mais permettez-moi quand même de vous conseiller d’élargir votre gamme et de proposer des gilets plus tendance. Prenez l’exemple de Nespresso, pensez-vous qu’ils auraient autant de succès s’ils proposaient uniquement des modèles purement fonctionnels  ?
Un peu déçu, je me suis rabattu sur un attaché-case pare-balles en cuir véritable se dépliant rapidement en deux volets, pour seulement 699 €.

Chronique d’un chanteur désarmé #33 – Avril 2015 : Le chauffe-sandwich
En tournée, le pire, c’est les aires d’autoroutes. Éternelle hésitation entre le sandwich triangle et le sandwich pain brioché rappelant vaguement de la vraie baguette… Il y a quelques temps sont apparus les sèche-mains nouvelle génération, et ça a vraiment égayé nos conversations. Quelques mois après, l’effet de surprise passé, la monotonie est réapparue. Heureusement, la semaine dernière, qu’avons-nous découvert quelque part sur l’A71 entre Paris et Clermont-Ferrand  ? Un chauffe-sandwich  ! Merveille de technologie qui après avoir scanné le code barre du sandwich préalablement payé en caisse le réchauffe à la température idéale… Et tout ça, c’est gratuit, merci Vinci  !

Chronique d’un chanteur désarmé #36 – Août 2015 : Pigeon Voyageur Ikea
Dans la vie d’un homme, certaines épreuves peuvent s’avérer fondatrices. On pourrait même les comparer aux rites initiatiques des sociétés anciennes. Ce fut mon cas il y a quelques jours avec l’assemblage d’une cuisine Ikea.
Alors que j’ajustais le dernier tiroir, que je réglais la dernière charnière, que j’apportais la touche finale au chef-d’œuvre, un pigeon est entré dans la pièce. Et pas n’importe quel pigeon, à en croire les deux bagues rouges qui entouraient ses pattes, un 2013  ! (chez le pigeon voyageur, chaque année de naissance a sa couleur)
Armé d’un balai, je tente de faire fuir le volatile de la cuisine flambant neuve. Celui-ci s’envole et vient se poser juste au-dessus du lave-vaisselle intégré. Je tente un nouvel assaut mais le pigeon fuit vers l’évier et dépose une fiente sur une porte de placard. Je vois rouge, je fais tournoyer le balai au-dessus de ma tête. Le pigeon prend peur et bat en retraite dans la salle à manger. Là, j’ouvre les fenêtres, je ferme les portes. Il lui reste la fuite ou la mort  !
Je le savais doué d’un extraordinaire sens de l’orientation, capable de parcourir des centaines de kilomètres et de revenir à son point d’origine. Mais, encerclé, le pigeon est con, son intelligence vaut celle de la mouche. Pris de panique, le pigeon s’envole à nouveau et vient s’éclater dans un grand fracas de plumes contre la seule vitre de la pièce restée fermée. Il tombe à terre, assommé, tente de se relever, boitille, semble désorienté, et guidé par son seul instinct de survie, retourne dans le cuisine, d’où il sort par la baie vitrée pour venir se réfugier au fond du jardin, sous un hortensia.
La journée se termine, le montage de la cuisine est achevé mais l’oiseau est toujours là. La nuit tombe, l’oiseau semble prostré. Le lendemain matin, l’oiseau n’a toujours pas bougé et me regarde, me scrute, me défie. Je décide d’en finir avec cet envahisseur juste après le café. Mais celui-ci semble comprendre mon dessein, s’avance, bondit jusqu’à la gouttière puis, depuis ce perchoir, prend son envol et quitte définitivement mon domaine.
D’où ma question  : le pigeon perd-il ses facultés face à des meubles Ikea  ?

Chronique d’un chanteur désarmé #9 – Janvier 2013 : L’hiver, les vaches ne sont pas dans les champs
Un de mes petits plaisirs de la vie consiste à ramasser des petits cailloux et à les lancer sur une vache. La plupart du temps, la bête ne réagit pas, un battement de queue tout au plus. Parfois et c’est là que mon plaisir atteint son paroxysme, la vache s’énerve. Sa nature d’animal apparaît alors au grand jour : qu’elle soit productrice de lait ou de viande, sa fonction l’enferme dans un enclos. Ma nature d’être humain n’en est que sublimée, être libre et supérieur, doué d’intelligence et d’émotions.
Malheureusement, l’hiver, les vaches ne sont pas dans les champs. J’ai bien essayé sur les chiens mais le plaisir procuré est largement moindre, sans parler des problèmes avec les propriétaires. Quelqu’un a-t-il une idée pour que mes hivers soient aussi heureux que mes étés ?

Chronique d’un chanteur désarmé #10 – Février 2013 : J’aurais dû faire comptable
Vu le contexte économique actuel, je me dis souvent que j’aurais dû faire comptable. Socialement, chanteur ça le fait, je dis pas le contraire, mais j’ai l’impression que je pourrais me payer une plus belle guitare en étant comptable. Les pilotes de Formule 1 ne sont pas concernés par ce problème, ils ont du bon matos, eux.
Chronique d’un chanteur désarmé #11 – Mars 2013 : Qu’ils aillent tous crever en enfer
Retour d’un concert à Angers, un TGV un peu trop matinal me ramène dans le Nord. Marne-la-Vallée Chessy, correspondance pour Lille Europe voie 3.
Alors que je me lève tranquillement de mon siège pour me préparer à descendre du train, je me fais copieusement bousculer par un môme surexcité à l’idée de voir dans quelques minutes ce brave Mickey. Le même môme gueule depuis une heure, sous le regard de parents admiratifs devant tant de joie de vivre. Il paraît qu’il est très mal vu de frapper un enfant en public, je me retiens. Je lui lance un regard noir, lui montre mes canines. Son instinct de survie doit lui indiquer de ne plus emmerder le prédateur potentiel que je suis. Je mets la main sur ma valise restée au niveau des bagages, du lait fraise est soigneusement déversé sur la poignée. Pas le temps d’enquêter pour trouver l’auteur du collant méfait.
Je m’extraie du train. Je respire, enfin… avant de m’apercevoir que sur le quai, ça grouille de gosses et de parents béats qui se bousculent copieusement, surexcités à l’idée de la fabuleuse journée qu’ils vont passer dans le seul parc d’attraction muni d’une gare TGV. Un instant, je m’évade : je tire dans le tas à l’aide de mon étui de guitare bidouillé en mitrailleuse, comme dans le film Desperados avec Antonio Banderas. Qu’ils aillent tous crever en enfer.
Je monte dans le TGV pour Lille Europe, le calme revient… Le train s’éloigne de Marne-la-Vallée, je quitte Mickey, Donald et tous ces excités. La campagne morne et plate défile sous mes yeux, je range mon couteau. Demain, j’irai voir mon agent, faut qu’on reparle de cette histoire de transports.

Chronique d’un chanteur désarmé #12 – Avril 2013 : SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
Il y a quelques semaines, j’ai vendu via ma boutique en ligne un disque à un Monsieur de Saint-Pierre-et-Miquelon. Du coup, je suis allé à La Poste :
- Bonjour, je voudrais envoyer un colis à Saint-Pierre-et-Miquelon
- Pour la France ?
- Non, pour Saint-Pierre-et-Miquelon
- Pour quel pays ?
- La France
- Donc c’est le tarif pour la France
- Je crois pas parce que c’est pour Saint-Pierre-et-Miquelon
- Pour quel pays ?
- La France
Devant tant de complications, j’ai abandonné ma carrière. Après, je me suis dit que c’était con de s’arrêter au premier obstacle, du coup j’ai repris ma carrière. Pour éviter ce genre d’incident, et vu qu’on cherche à simplifier notre administration, ça vaudrait pas le coup de lâcher nos DOM-TOM ?

Chronique d’un chanteur désarmé #14 – Juillet 2013 : FILOUTERIE DE CARBURANT
En rentrant d’un concert en trio, après une nuit particulièrement courte, on s’est arrêté sur une aire d’autoroute. L’un a dit : je vais boire un café. L’autre a dit : je vais pisser. Le troisième a dit : je vais faire le plein. Et puis on a repris la route.
En rentrant à Lille, on a fait les comptes de nos frais de tournée. On s’est dit que ce camion de location consommait vraiment peu.
Un mois plus tard, nous avons reçu ce courrier :
« Le présent courrier fait suite à un non paiement de carburant au préjudice de la station service Esso – La Ferté Saint Aubin – Autoroute A71 (26/04/2013 / 13h00 / 84,37 € / Gasoil : 57,83 litres). Sans réponse de votre part avant le 25/06/2013, le responsable de la station déposera plainte auprès des services du Ministère de l’Intérieur pour « filouterie de carburant – délit prévu et réprimé par l’article 313-5 du code pénal, puni de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende. »
Malgré les mots qui blessent, pour ne pas mettre en péril la suite de la tournée, nous avons payé.

Chronique d’un chanteur désarmé #15 – Août 2013 : HAIR FRANCE
Bientôt la reprise, faut que je sois présentable. Je tape « coiffeur près de chez moi » sur mon ordinateur. Le salon qui sort en premier, c’est « Emo-Tifs ». Existe-t-il un lien de corrélation entre la qualité du jeu de mots et celle de la coupe ?
Je tape « jeu de mots coiffeur » et s’ouvre à moi un monde extraordinaire : Univ’Hair, Imagin’Hair, L’envie de Pl’Hair, Dans l’Hair du temps, Jok’Hair et même Adult’Hair, mais aussi Objec’tifs, Alterna’Tifs, Posi’Tif, Abla-Tifs, Admira’Tif, Affirma Tifs, A que Tifs, et encore mieux Faudra Tif Hair, Pour Coiff’Hair, Sup-Hair-Coupe, Racine Carrée, 2 mèches avec vous, Frange’In, 6′Zo, l’Emile et une Coupe, la Raie-Création et mes préférés : Le Barbier de ces Villes (Saint-Étienne) et Hair France (Bruxelles).
Chronique d’un chanteur désarmé #17 – Octobre 2013 : Vesoul
Vesoul, c’est une chanson de Brel. Vesoul, c’est aussi une ville. Vesoul, c’est un théâtre, c’est un festival de chanson qui porte le nom de l’auteur de la chanson portant le nom de la ville. Vesoul, c’est un concours annuel de jeunes chanteurs. Vesoul, j’y ai eu le premier prix, c’était le 6 octobre. Vesoul, ça fait du bien d’y gagner un prix, prix contenant notamment l’invitation à y rejouer la saison prochaine.
Et là ça se gâte. Non pas que je n’ai pas envie de retourner à Vesoul, au contraire, l’accueil y est parfait et le théâtre très beau. Mais à cause de toutes les blagues qu’on me fait en ce moment : t’as voulu l’avoir Vesoul et tu as eu Vesoul (bof) ; t’as voulu boire Vesoul et tu as bu Vesoul (nul) ; dans le port de Vesoul (très nul). En même temps, ce n’est pas très grave, ça ne durera qu’un temps. Mais pour les habitants de Vesoul, ça doit être l’enfer. Moi qui suis né à Dijon, j’en suis venu à refuser toute conversation ayant le moindre rapport avec la moutarde. J’imagine aisément que les habitants du Mans soient devenus allergiques aux rillettes ou que les originaires de Mexico n’en puissent plus de Luis Mariano. Peut-on détester l’œuvre et apprécier des vacances à Capri ou à Alexandrie ?
Par contre, à Vesoul, la blague « j’ai voulu voir ta sœur et j’ai niqué ta mère, comme toujours » ne marche pas du tout.

Chronique d’un chanteur désarmé #3 – Juin 2012 : Voyeurisme et nerfs d’acier
Mon voisin d’en face me regarde à travers le rideau, il croit que je ne le vois pas. Planqué derrière ma fenêtre depuis un bon quart d’heure, je l’observe. Il est retraité, je suis intermittent du spectacle, étrange scène que cette observation un mardi à 10h15. Pendant que les honnêtes gens travaillent et que les malhonnêtes chôment, nous nous observons. Évidemment, c’est beaucoup plus sain de mon côté, je cherche l’inspiration pour mes nouvelles chansons, rien à voir avec du voyeurisme. Je vais essayer de changer de pièce, du premier j’aurais un meilleur angle. Tiens, il a changé sa télé de place ?